Commençons par définir les termes. Qu’est-ce que l’apprentissage social ? Dit simplement, l’apprentissage social est le fait d’apprendre des autres, avec les autres. L’apprentissage social se pratique habituellement de façon informelle. À présent, examinons en quoi cet apprentissage est important et comment les RH et les responsables formation peuvent en profiter.

Nous connaissons l’apprentissage social depuis des années. Nous ne savions juste pas comment l’appeler, c’est tout !
Le défi des responsables formation est de savoir comment ils peuvent fournir un cadre à l’apprentissage social, tout en laissant libre cours au partage naturel entre utilisateurs qui génère l’énergie et l’implication qui manquent si souvent à la formation en entreprise.

L’apprentissage social est présent tout autour de nous. Alex Bandura fut le premier à analyser ce processus en 1977.

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Qu’y a-t-il de neuf dans l’apprentissage social et comment les entreprises peuvent-elles en tirer parti ?

Les professionnels des RH connaissent bien le modèle 70-20-10, proposé à l’origine par McCall, Eichinger et Lombardo dans les années 1980. Leur argument était que l’apprentissage au travail se réalise de trois manières :

  • 70 % par l’expérience accumulée dans l’exercice des fonctions
  • 20 % à travers les relations professionnelles, coaching et mentorat inclus
  • 10 % à travers des formations officielles et un apprentissage programmé

Les experts ont remis en question la précision des chiffres, mais le principe de base est resté largement accepté.
L’apprentissage social peut de ce fait entrer directement dans les 20 % assignés aux « relations professionnelles ». Cependant, il a également un effet puissant sur les 70 % de l’expérience « au travail ».

Bien déployé, l’apprentissage social peut avoir un impact réel sur l’implication des employés

En adaptant la culture professionnelle et en exploitant les dernières technologies en matière de réseaux sociaux, les entreprises font un usage plus systématique de cet apprentissage informel qu’auparavant.

Bien déployé, l’apprentissage social peut avoir un impact réel sur l’implication des employés et être une arme de plus dans votre arsenal d’apprentissage en entreprise.

Que peuvent faire les professionnels RH ?

Dans une certaine mesure, les réseaux sociaux peuvent contribuer à répandre les meilleures pratiques au sein de votre entreprise. Les informations de type wiki produites par les employés peuvent créer un répertoire utile de bonnes pratiques.

Mais s’agit-il ici de ce que l’on appelle apprentissage social ?

Les principes clés qui font de ce type d’interaction un processus d’apprentissage sont :

  • Des utilisateurs qui s’impliquent activement. Il ne s’agit pas de se contenter de lire les contenus de quelqu’un d’autre.
  • Les utilisateurs collaborent à l’apprentissage en s’entraidant.
  • Les utilisateurs organisent leur apprentissage pour concilier leur situation personnelle avec les impératifs.
  • Les utilisateurs sont capables d’utiliser davantage leur créativité pour résoudre les problèmes et concevoir de nouvelles façons de travailler.

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Pour de nombreux millénials, c’est une façon normale de communiquer et d’apprendre. Comme Jimmy Rohampton l’a souligné dans un article de Forbes, la main-d’œuvre actuelle est essentiellement composée de millénials. Et s’ils sont mécontents de leur environnement de travail, ils ne resteront pas.

Par conséquent, les RH et les responsables formation doivent fournir une plateforme technique attractive et conviviale, fournir des orientations et lancer rapidement le projet avec ses contenus. Le soutien d’en haut est toujours utile. Plus les employés verront que ce type d’apprentissage est promu comme la « nouvelle manière d’apprendre », plus les chances de succès seront réunies.

Comment faire en sorte que l’apprentissage social soit un succès ?

La technologie est généreuse. Elle permet d’une manière relativement facile de créer des forums de discussion, des espaces pour les équipes, des wikis, des systèmes de partage d’images et autres outils de collaboration. De même, elle permet de garantir facilement l’accès aux mêmes ressources à l’extérieur de la bulle d’entreprise.

Cependant, la question n’est pas ici en lien avec l’aspect technique des choses mais plutôt avec la culture organisationnelle choisie. La difficulté consiste à trouver le juste équilibre entre d’une part une approche très ouverte et d’autre part un processus strictement contrôlé qui se rapprocherait plus de la manière de faire traditionnelle.

Les meilleurs systèmes d’apprentissage social ont très peu à voir avec les mécanismes de contrôle traditionnels. Les utilisateurs doivent pouvoir trouver leur propre parcours d’apprentissage. D’ailleurs, la plupart d’entre eux possèdent déjà la plupart des compétences nécessaires pour s’impliquer dans l’apprentissage social.

Il n’est pas question de remplacer toutes les méthodes d’apprentissage traditionnelles mais plutôt de composer un « supplément » qui les réunisse

Si vous utilisez des forums Web ou des groupes de discussion à des fins personnelles, vous êtes déjà impliqué. Vous évaluez déjà les autres utilisateurs : celui qui a les meilleures connaissances, celui qui a les compétences, celui qui est comédien, celui qui aime se lancer dans la bataille et celui qui aime juste se faire entendre.

Il n’est pas question de remplacer toutes les méthodes d’apprentissage traditionnelles mais plutôt de composer un « supplément » qui les réunisse. Certains aspects de l’apprentissage, notamment les compétences essentielles ou en rapport avec la sécurité, nécessiteront toujours un enseignement plus formel.

Le besoin de planter des graines

L’idéal est d’avoir très peu de contenus « officiels » et d’inciter les utilisateurs à en générer autant que possible.
Au début, une période de démarrage pourra être nécessaire. Les utilisateurs s’inscriront là où il existe déjà des discussions vives et de nombreuses activités. Ils n’auront pas tendance à s’investir dans un espace vide où l’on entend les mouches voler.

Une option consiste à identifier les personnes qui sont déjà en mesure de transmettre leurs compétences et connaissances. Vous pouvez les laisser créer le processus, écrire certains contenus initiaux et encourager les personnes à utiliser le système d’apprentissage dès le début.

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Les opportunités et les dangers

Bien sûr, sans soins, l’apprentissage social peut s’avérer contreproductif. L’apprentissage donné dans une entreprise cynique ou par des personnes engluées dans un environnement qui laisse moralement à désirer peut également renforcer un certain type de culture.

Mais le plus grand danger n’est pas d’utiliser l’apprentissage social. L’énergie, la connaissance, la créativité et l’enthousiasme de votre personnel sont des actifs extrêmement précieux. Les ignorer ou les entraver est à vos risques et périls.
Dans un article récent, Laurie Miller de l’association pour le développement de talent a écrit : « La plus forte corrélation avec la performance commerciale a été associée à l’implication des utilisateurs dans la conception d’opportunités d’apprentissage social. »