Learnlight vous propose une interview exclusive de Cécilia Scalvini Gaben, experte learning chez Bouygues Construction. La transformation digitale de la formation, le changement de culture au sein des RH ou encore l’engagement apprenant, découvrez-en davantage au sujet de toutes ces thématiques à travers cet échange passionnant.

Le quotidien des RH bouleversé par la technologie

Alors je dirais que le gros changement, celui qu’on voit le plus, c’est que ça a, en fait, changé notre métier. C’est-à-dire que, vous l’avez dit, on passe de Responsable Formation à, pour certains, Digital Learning Manager.

Démystifier l’Apprenant Moderne

Dans quelle mesure la technologie et les nouvelles préférences en termes d’apprentissage façonnent-elles notre manière d’apprendre aujourd’hui ?

Je dirais que la réalité, en fait, c’est réapprendre. Lorsque j’ai pris ce poste début 2015, j’ai eu l’impression de devoir apprendre une langue étrangère.

Lorsque j’ai pris ce poste début 2015, j’ai eu l’impression de devoir apprendre une langue étrangère

Il y a énormément de termes différents, il y a tout un tas d’aspects techniques, qui, lorsqu’on est issu des RH, ou de la communication, du marketing, qu’on ne connaît pas du tout.

Il y a vraiment un état d’esprit qui est très différent. Donc le champ des possibles est très large, la feuille à écrire est blanche, donc c’est un grand challenge, mais c’est ce qui change foncièrement notre métier.

Les avantages de la digitalisation de la formation

Alors, je dirais qu’il y des avantages court terme, qu’on peut assez vite voir et mesurer, qui sont d’ailleurs ceux qui souvent permettent de se lancer, d’avoir des sponsors, d’avoir une direction qui nous suit.

Assez classiquement on va avoir, donc je le disais, dans des groupes internationaux, la possibilité de toucher massivement des gens qui ne sont pas physiquement présents au même endroit.

Notamment pour des programmes corporate comme le onboarding, comme des sujets d’éthique, des valeurs managériales. Cela permet de diffuser finalement un message homogène de façon très large.

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On pourrait penser également à des intérêts financiers. Alors ça c’est un peu une licorne, comme j’aime bien les appeler. C’est-à-dire que très souvent on se dit que oui, bien sûr, le digital learning ça coûte moins cher que d’amener des gens en salle.

Ce n’est pas tout à fait vrai. C’est vrai sur le long terme, on a des gains financiers. Par contre, ça demande un coût d’investissement, de développement, qui est beaucoup plus important, pour développer un programme informatique type serious game ou autre, que d’avoir un formateur qu’on met dans une salle avec des gens.

Les principaux défis liés à la digitalisation

Je dirais que le premier point, en tous cas le premier défi associé à cette transformation digitale, c’est de ne perdre personne sur le chemin, et donc d’accompagner chaque collaborateur, y compris ceux qui ont un métier qui est davantage manuel, issu de l’artisanat, du compagnonnage, à repenser son métier, à l’ère des nouveaux procédés, des nouveaux processus qui vont l’obliger à changer ses habitudes de travail.

Démystifier l’Apprenant Moderne

Dans quelle mesure la technologie et les nouvelles préférences en termes d’apprentissage façonnent-elles notre manière d’apprendre aujourd’hui ?

Et le deuxième défi de cette transformation, c’est de changer réellement la culture, le mindset de chacun, sur son rapport à l’apprentissage, à l’apprenance – « apprendre à apprendre » perpétuellement – de manière à ce qu’il n’y ait pas un temps de travail dissocié d’un temps de formation et qu’on ait bien le sentiment de se former en travaillant, et que lorsqu’on se forme, on travaille également.

La formation idéale selon vous

Je dirais que pour moi, la formation idéale est celle qui va avoir suscité une émotion qui va faire que je m’en souvienne, ou bien que dans mon quotidien, je me rappelle de ce moment-là, par, justement, l’émotion que ça a procuré, ou ce que c’est venu chambouler chez moi, ou remettre en question.