Learnlight a eu la joie d’interviewer Jad Kfoury, expert learning au sein du groupe Accor, au sujet des facteurs de succès d’une stratégie de formation efficace. Bénéficiez de ses conseils pour mettre en place des formations qui répondent véritablement aux besoins des apprenants modernes.

Pourquoi digitaliser la formation ?

D’une part, côté apprenant, comme on le disait, on ne peut plus se permettre d’envoyer des gens en formation pendant un jour, deux jours, trois jours. Cela devient de plus en plus compliqué pour des questions de budget, de temps, de disponibilités. Donc la digitalisation de la formation permet de conserver les collaborateurs sur leur situation de travail tout en amenant la formation chez eux.

Démystifier l’Apprenant Moderne

Dans quelle mesure la technologie et les nouvelles préférences en termes d’apprentissage façonnent-elles notre manière d’apprendre aujourd’hui ?

On ne peut plus se permettre d’envoyer des gens en formation pendant un jour, deux jours, trois jours

Pour l’entreprise, cela a aussi énormément de leviers et de valeur, notamment rationnaliser les coûts, les investissements de formation, et ce qu’on appelle « accroître le reach », c’est-à-dire être en capacité d’atteindre un plus grand nombre de collaborateurs plus vite que si on devait déployer une formation en présentiel auprès de groupes de dix, douze ou treize personnes.

L’impact de la technologie sur le quotidien des professionnels de la formation

L’émergence des technologies a radicalement changé le métier de concepteur et d’ingénieur pédagogique en entreprise. Donc il y a tout un tas de techniques et de modalités qui sont apparues, et qui permettent de reskiller, de faire changer un peu la façon de concevoir des dispositifs de formation innovants pour la filière formation.

Alors on peut parler de techniques de type design thinking, créativité etc. qui permettent d’avoir une approche différente pour produire des moments de formation qui correspondent aux attentes des collaborateurs.

Les changements du point de vue de l’apprenant

Donc l’idée c’est, moi, en tant qu’apprenant, j’ai besoin de pouvoir me former quand je veux, où je veux, à partir de n’importe quel équipement, et si possible, sur n’importe quel type de modalité. Donc si j’ai une préférence pour la vidéo parce que c’est comme ça que je suis le plus à l’aise, je dois pouvoir à un moment dire, je veux me former sur ce sujet, et préférentiellement sur un média vidéo.

Article(s) complémentaire(s)

[Interview] Cécilia Scalvini Gaben | Digital Learning Manager | Bouygues Construction

Formations virtuelles : la technologie a-t-elle remplacé le formateur ?

Donc c’est vraiment tout, tout de suite, idéalement au bout des doigts, et idéalement le plus granularisé possible de façon à ce que ça réponde à mon besoin, au moment où j’en ai besoin, et sur la thématique dont j’ai le plus besoin.

L’engagement apprenant

Un des facteurs de désengagement c’est de se retrouver seul et de ne pas avoir de communauté, de pairs avec qui échanger et avec qui discuter. Un autre facteur lié au désengagement, c’est tous les aspects technologiques, si ça ne marche pas dès la première fois, les gens ne reviennent pas.

Quelques conseils aux entreprises en cours de digitalisation

La filière L&D doit elle-même évoluer et monter en compétences pour être capable de créer des expériences formation innovantes et qui changent par rapport à ce qui se faisait avant. Un autre point aussi, c’est que quand on parle de digital et de digitalisation, on ne peut pas se passer d’un partenariat très, très fort entre les équipes L&D et les équipes IT.

Parce qu’on parle de compatibilité entre des systèmes, des technologies, et les réseaux de l’entreprise, qui parfois peuvent être extrêmement sécurisés, extrêmement verrouillés, qui ne permettent pas par exemple de passer des vidéos HD. Donc il y a un vrai, vrai partenariat, très, très fort à faire dès le départ.