Gloire aux soft skills ! Les compétences relationnelles ont longtemps joué le second rôle face aux “hard skills”, ces compétences techniques largement louées et reconnues. Regroupées au bas d’un CV, elles n’étaient pas intégrées à la culture d’entreprise et ne faisaient guère l’objet de questions lors du recrutement.

Encore aujourd’hui, les soft skills restent peu reconnues en France. Mais les temps changent : dans le nouvel environnement de travail post COVID-19, les compétences en matière de leadership, de communication ou d’intelligence émotionnelle sont désormais considérées comme plus pertinentes que les compétences techniques spécifiques à un poste.

Les soft skills ont toujours été importantes dans le monde professionnel mais ont été confrontées à un défi : la difficulté à les définir, les mesurer et les analyser. Elles étaient considérées comme le genre de compétences “agréables à avoir” sur un CV mais non essentielles, et les candidats à un emploi y ont donc réfléchi à deux fois avant de les mentionner.

De même, les responsables du recrutement n’osaient guère s’enquérir de ces qualités quelque peu vagues. Les soft skills essentielles telles que l’intelligence émotionnelle, l’adaptabilité ou l’engagement ont ainsi rarement trouvé la reconnaissance qu’elles méritent. Pourtant, lorsque ces compétences font défaut, en particulier aux postes de direction, cela se ressent directement et provoque souvent des salariés malheureux, peu motivés et découragés, ce qui se traduit ensuite par des renouvellements coûteux et un faible taux de rétention des employés.

Article(s) complémentaire(s)

Le bon sens culturel ou l’importance des soft skills dans la “nouvelle normalité”

Pourquoi les soft skills sont-elles encore peu reconnues en France ?

Pourquoi une nouvelle crise requiert un nouveau leadership

Les soft skills ont été davantage prises en compte ces dernières années. Les entreprises “adaptent désormais leurs pratiques d’embauche et de formation à l’intelligence émotionnelle et aux compétences de leadership, car elles se rendent compte qu’il s’agit désormais de compétences clés“, comme l’indique Forbes (article en anglais) au sujet des soft skills les plus importantes dans le nouvel environnement de travail. Ainsi, l’intelligence émotionnelle s’est classée pour la première fois en 2020 dans le top 5 de la liste des compétences comportementales les plus recherchées publiée chaque année par LinkedIn Learning.

Si l’on compare les cinq premières soft skills du classement aux compétences spécialisées (hard skills) les plus demandées, on comprend pourquoi les compétences relationnelles deviennent de plus en plus importantes. L’humain est lentement remplacé par la robotique, les systèmes automatisés et l’administration virtuelle. Pourtant, les affaires ont toujours été et seront toujours menées par des personnes derrière des bureaux, sur les ordinateurs, les smartphones et les tablettes, et l’élément humain ne peut tout simplement pas être oublié ou négligé dans l’économie actuelle.

Des facteurs tels que la confiance ou les valeurs partagées au sens large participent à toute décision de vente : selon le rapport spécial Brand Trust and the Coronavirus du Trust Barometer Edelman 2020, 20 % des Français déclarent avoir récemment commencé à acheter une marque en étant guidés par la manière dont elle se comporte pendant l’épidémie.

Les responsables du recrutement ont donc appris à mettre davantage l’accent sur les soft skills, comme le montre l’étude “Hard Facts about Soft Skills” de Wonderlic réalisée en 2016. Même à l’époque, 53 % des responsables du recrutement les considéraient comme essentielles dans le processus de recrutement, 40,1 % comme très importantes, 6,5 % comme importantes, 0,5 % ne les avaient pas considérées et pas un seul répondant ne les considérait comme “non importantes”. L’étude a également révélé un écart significatif entre ce qui est considéré comme important pour les employeurs et le développement de ces compétences à l’époque.

Si les soft skills ne sont pas efficacement enseignées dans les écoles et les universités, la responsabilité de les créer, de les développer et de les encourager incombera donc aux initiatives des directions L&D des entreprises. Il est communément admis que les salariés possédant des soft skills adéquates ont plus de chances de conserver un emploi rémunéré et de progresser dans leur carrière.

La conclusion logique : les entreprises qui forment leur personnel à des compétences telles que l’intelligence émotionnelle, l’adaptabilité, la gestion du changement ou la résolution des conflits peuvent s’attendre à une meilleure rétention des employés et à une plus grande productivité. Au fur et à mesure du déroulement de COVID-19, ce sont précisément ces soft skills qui ont eu un impact considérable sur la capacité des cadres et des employés à faire face à la situation, et elles ont généralement été considérées comme les compétences les plus importantes pendant ces périodes difficiles.

Le rapport LinkedIn Workplace Learning 2018 (en anglais) a montré que les comités de directions ainsi que les responsables de talents sont conscients de cette tendance. Le leadership, la communication et la collaboration sont globalement mieux classées parmi les “compétences importantes que les salariés doivent acquérir dans le cadre des programmes de formation et de développement” que les compétences techniques spécifiques à un poste.

Avec l’émergence de nouvelles études, telles que l’amélioration de la capacité à mesurer l’intelligence émotionnelle des employés au moyen d’un catalogue de questions appropriées, les soft skills ne sont plus considérées comme incertaines, notamment lorsqu’il s’agit de mesurer le retour sur investissement et la rentabilité de leur formation. En contrepartie, cela fait de l’investissement dans ces compétences une stratégie d’entreprise sûre et efficace.

Brochure Soft Skills Learnlight

Développer les compétences essentielles qui feront votre succès dans le monde du travail moderne